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gastronomie : le meilleur de la table strasbourgeoise


Houblonnière
Avec la choucroute, la bière est l’un des piliers de la table alsacienne. Du sommet de la cathédrale et par temps clair, l’observateur avisé peut apercevoir les toits des usines de Kronenbourg.

 
 

La bière : pilier de bar alsacien

© CRTA / Journou

La région est l’un des meilleurs terroirs du houblon, cette plante qui, contrairement à l’idée répandue, ne constitue pas l’ingrédient principal de la bière. On utilise la fleur de cette plante grimpante, une sorte de haricot géant, uniquement pour parfumer la bière, un peu comme une épice. Elle contient de la « lupuline », une poudre jaune surnommée autrefois « l'or du brasseur », riche en résines amères et huiles aromatiques, qui donne de l’amertume et joue sur la qualité de la mousse.

La matière première de la bière est une céréale ou toute autre plante riche en amidon. L’orge est la plus utilisée car elle présente les meilleures qualités brassicoles (arôme, clarté du jus). En France, la réglementation impose au moins 50 % d’orge dans la recette. En fonction des goûts recherchés, les fabricants ajoutent du blé, du maïs ou du riz. En Allemagne, en vertu de la « Reinheitsgebot » (loi de la pureté, en vigueur depuis 1516), seule l’orge est autorisée. C’est le maltage de cette orge qui détermine la couleur de la bière. La graine est mise à germer dans de l’eau (pour libérer des enzymes) puis subit l’épreuve du « touraillage » au cours de laquelle elle est séchée et chauffée. Le résultat obtenu s’appelle le malt. Plus il a été grillé, plus la bière sera foncée et aromatique. Ce qui ne signifie pas qu’elle sera davantage alcoolisée.

Mélangé à de l’eau (environ 6 litres pour un litre de bière), le malt est « brassé » et chauffé dans une énorme « Cocotte- Minute ». L’amidon se transforme en sucre. On ajoute alors le houblon. Une fois filtrée, cette « soupe » d’orge qu’on appelle le moût subit une fermentation sous l’action de levures (l’âme de la bière dont les souches propres à chaque brasseur sont gardées au secret). Dans de grandes cuves, le sucre se transforme en alcool et en gaz carbonique. La température de fermentation détermine le degré alcoolique. Plus elle est haute, plus la bière sera forte. Une fois pasteurisée, elle peut se conserver jusqu’à douze mois mais sachez qu’elle ne se bonifie pas en vieillissant.

Malt et Houblon :

Raphaël Stoll est un collectionneur de bières. Pas n’importe lesquelles. Il privilégie « un produit de dégustation plus que de soif ». Il traque les bières artisanales issues de microbrasseries dont le nombre explose aux quatre coins de l’Europe : Belgique, Allemagne, Alsace, Angleterre, Irlande, République tchèque. Il faut goûter la Bélios, une bière brassée par l’un des membres fondateurs de l’APBM (l'Association pour la promotion de la bière ménagère). Il fabrique, embouteille et étiquette sa bière dans son deux-pièces strasbourgeois.

19, rue d'Austerlitz - 67000 Strasbourg
Tél. : (0033) (0)3 88 36 92 60.